Les Régates Royales de Cannes

Des voiles chargées d’histoire

De “Manitou” surnommé la Maison Blanche flottante par JF Kennedy qui l’affectionnait tant – à “Chinook” et “Rowdy”, des centenaires toujours très élégants, les plus beaux yachts du monde ont rendez-vous à Cannes depuis 1859.

Ce n’est que bien plus tard, en 1929, que la Société des Régates Cannoises et l’international Yacht Club a transformé leur régate de printemps en Régates Royales, notamment pour honorer le roi Christian X de Danemark qui barrait lui-même son voilier, le 6MJI Dana. Tombées dans l’oubli dans les années ’60, ces régates ont connu une véritable renaissance en 1978 sous l’impulsion de Jean-Pierre Odéro, alors Directeur du nautisme de la ville de Cannes. Aujourd’hui ce sont les princes des mers qui s’affrontent sur des voiliers de légende.

Comment s’organise la course ?

Depuis quelques années, les bateaux sont divisés en trois grandes catégories selon leurs matériaux et caractéristiques de construction : les Yachts d’Epoque (en bois ou en métal, lancés avant 1949), les Yachts Classiques(en bois ou en métal, lancés avant 1973) et les Yachts Esprit de Tradition(construits après 1970 mais fidèles aux projets traditionnels).

Il existe par ailleurs d’autres catégories : les Répliques de Yachts d’Epoque (construits conformément aux projets antérieurs à 1950) et les Répliques de Yachts Classiques (construits en conformité avec les projets antérieurs à 1976).

Pour permettre à des bateaux très différents de concourir ensemble le long de la baie de Cannes, avec pour arrière-plan les Iles de Lérins, différents paramètres sont pris en considération, tels que l’ancienneté du bateau, sa longueur, le gréement et la superficie de voilure. Ces coefficients sont ensuite intégrés à un autre facteur, celui qui établit le nombre de secondes par miles devant être déduites du temps réel employé par chaque bateau. Ceci afin d’obtenir le temps compensé qui permet de déterminer le classement.

Cannes accueille des régates plus de 70 jours par an mais les Régates Royales sont exceptionnelles à plus d’un titre puisqu’elles réunissent tous les ans 150 yachts de 10 à 50 mètres venus de toute la Méditerranée et d’outre-Atlantique.

Bon à savoir : Mieux vaut réserver à l’avance si vous voulez suivre les Régates Royales en bateau en baie de Cannes. Comptez 19 € pour 1h15 ou 36 € pour 2h15 sur un bateau de tourisme. www.trans-cote-azur.com

Bon plan : Vous pouvez aussi aller sur www.cobaturage.com En participant aux frais vous pourrez embarquer un sur bateau plus petit, moins touristique et profiter également du spectacle en mer !

Du 18 au 25 septembre 2016 www.regatesroyales.com/fr www.paneraiclasicyachtschallenge.com

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Zoom sur des « Big Boats» mythiques

Elena of London

Le yacht Elena est la réplique exacte du voilier de 55 mètres de longueur qui a gagné la Course Transatlantique de 1928. Il a été reproduit à partir d’indications datant de 1910, date à laquelle il a été conçu par son architecte naval surnommé le « magicien de Bristol », Nathaniel Herreshoff. Grâce à son talent il révolutionna l’univers des yachts à tel point que les voiliers qu’il conçut restèrent invaincus entre 1893 et 1920 à la Coupe de l’America. Il mis au point plus de 2 000 navires durant sa vie, sans jamais dessiner aucun plan !

Moonbeam IV

Acquis entre 1950 et 1960 par le Prince Rainier de Monaco, il accueillit le prince et son épouse Grace Kelly lors de leur lune de miel. Entre 1999 et 2001 le voilier fait l’objet d’une restauration complète en Birmanie, ce qui lui permet d’optimiser ses performances et de remettre à l’honneur ses bois et ses cuivres, qui dataient de 1914. Ses 600 m² de voile lui donnent fière allure ; ses 96 poulies en bois, ses 80 tonnes de teck, d’acier et de plomb lui permettent encore d’enchaîner les victoires grâce au talent de son équipage, mené par son propriétaire, Mikael Créac’h.

Hallowe’en

Mis à l’eau en 1926 ce voilier de 24,20 mètres de long a une histoire mouvementée puisqu’il disparaît en 1938 : son nouveau propriétaire le mène en Amérique du Nord et l’y abandonne. Un jour il est redécouvert au Yacht Club de New York sous une bâche, dans un hangar, où il est rebaptisé Cotton Blossom IV. Il prend part à de nombreuses courses sur la côte est américaine avant d’être utilisé comme bateau de charter dans les Caraïbes puis légué au Musée de la marine de Newport (Etats-Unis). D’abord restauré, il est ensuite cédé à un Suisse qui le ramène en Europe. Ce n’est que dans les années 1990 que le voilier devient Hallowe’en, retrouvant ainsi son faste d’antan avec notamment un mât de 30 mètres et 380 m² de surface de voilure.

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