Le gaspillage alimentaire

Lorsque l’on découvre qu’un tiers des aliments produits dans le monde n’est jamais consommé, on comprend mieux la résolution du Parlement européen de 2012 de baisser de 50 % le gaspillage d’ici 2025. Mais au quotidien, comment lutter contre le gaspillage alimentaire près de chez nous ?

En France ce sont près de 10 millions de tonnes de nourriture qui sont jetées chaque année, ce qui représente 18 milliards de repas (18 % de la production alimentaire nationale). La loi du 11 février 2017 sur la lutte contre le gaspillage alimentaire devrait contribuer à réduire les déchets et d’améliorer le don de denrées.

Les causes du gaspillage alimentaire sont multiples en dépit des efforts entrepris par l’industrie agroalimentaire, des opérations menées par des particuliers (Partage ton frigo¹), celles des restaurateurs (Doggy bag pour permettre aux clients d’emporter les restes d’un plat déjà payé, et Optimiam² qui aide les commerçants de proximité à vendre à temps leurs excédents alimentaires), ou celle des producteurs qui lancent des initiatives comme les ³Gueules Cassées. Cette dernière s’insurge contre le « diktat de la beauté » en proposant que des fruits et légumes présentant des défauts d’aspect soient vendus moins cher au lieu de finir à la poubelle. Cette initiative, qui permet d’éviter qu’⅓ de la production ne soit jetée, alimente aussi une caisse de solidarité (1 centime est prélevé sur chaque achat).

¹www.partagetonfrigo.fr  ² www.gourmetbag.fr   www.optimiam.com ³www.lesgueulescassees.org

Caddie de supermarché comprenant la mention "Gâchis zéro dans le chariot"Les répercussions réelles du gaspillage alimentaire

Si l’impact du gaspillage alimentaire touche l’ensemble de la chaîne, du producteur au consommateur, il a aussi des répercussions de trois types :

environnemental : le bilan carbone des pertes et gaspillages, tout au long de la chaîne s’élève à environ 3 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de l’activité nationale. Par ailleurs 28 % de la superficie agricole mondiale et 250 km³ d’eau (3 fois le volume du Lac Léman) seraient utilisés pour produire de la nourriture gaspillée;         – économique : le gaspillage alimentaire a un prix. En France il représente 159€ par habitant et par an, soit 7,7 % de son budget dédié à l’alimentation.                                                                   – éthique : dans un monde où 1 milliard de personnes souffre de faim ou de malnutrition le gaspillage est l’affaire de tous. Dans notre pays 1 personne sur 10 a du mal à se nourrir.

Des initiatives intéressantes dans les Alpes Maritimes

Depuis plus de 40 ans des associations oeuvrent sans relâche pour apporter de l’aide aux plus démunis et lutter contre le gaspillage. Parmi eux la Banque Alimentaire, le Secours Populaire et les Restos du Coeur qui s’efforcent de récupérer les aliments jetés. Sur les 750 000 tonnes de denrées mises à la poubelle tous les ans, les associations ne parviennent à récupérer que 100 000 à 200 000 tonnes malgré leurs efforts. Le manque de moyens les empêche de redistribuer plus d’aliments : ils finissent donc inexorablement dans la benne à ordures.

En France 4 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire chaque année, et 1 personne sur 2 recevant une aide bénéficie des denrées collectées par les Banques Alimentaires¹. Dans les Alpes Maritimes les bénévoles distribuent 1 400 tonnes de produits alimentaires par an (soit 2,8 millions de repas) et viennent en aide à 26 500 personnes démunies notamment grâce à une collaboration avec 118 associations.

Les Restos du Cœur² des Alpes Maritimes nourrissent plus de 680 bébés chaque semaine, fournissent un repas équilibré pour environ 1€ et durant tout l’hiver, pendant 17 semaines. Ils distribuent près de 500 000 repas.

Le Secours Populaire³, pionnier en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, récupère des surproductions de fruits et légumes promises à la destruction et les distribue à des personnes qui n’y ont pas accès en raison de leur coût élevé. Au cours des 6 derniers mois le nombre de bénéficiaires des Alpes Maritimes a augmenté de 20 %. De nouveaux profils apparaissent désormais : des personnes âgées qui n’avaient jamais fait appel au Secours Populaire, des étudiants ou des travailleurs n’arrivant plus à faire face à l’augmentation du coût de la vie.

¹www.ba06.banquealimentaire.org 

²www.restosducoeur06.org 

³www.secourspopulaire.fr/06

Des villes pionnières

Depuis septembre 2016 la loi impose aux collectivités de lutter contre le gaspillage alimentaire. A Mouans-Sartoux, les services de restauration collective n’ont pas attendu la promulgation de la loi énergétique. Depuis 2012 la ville a fait le choix d’un approvisionnement 100 % bio dans les cantines et adapté les quantités proposées aux enfants, ce qui a permis de diminuer de 80 % les déchets alimentaires. Cela représente une économie de 20 centimes d’euro par repas, qui permet de financer le cout du bio.

A Grasse le groupe coopératif Renouer organise une « cueillette solidaire » pour lutter contre le gaspillage des ressources naturelles. L’association récupère des fruits et plantes dans des jardins de particuliers, des entreprises partenaires et des terrains municipaux tout en oeuvrant à l’insertion professionnelle de personnes exclues. Grâce aux efforts de 200 bénévoles cueilleurs, 17 tonnes d’olives ont ainsi été récoltées puis pressées par les moulins de Grasse, ce qui a permis la production de 3000 litres d’huile et la création de 5 emplois.

A Nice l’Epicerie itinérante (de la Banque Alimentaire) organise le ramassage de denrées dans les grandes surfaces le matin, pour les redistribuer dans l’après-midi dans les quartiers les plus défavorisés de Nice. Des partenariats avec des associations et des pourparlers avec des villages de l’arrière-pays laissent présager le développement de cette distribution mobile dans la région.

La prise de conscience du gaspillage alimentaire est réelle et les initiatives locales pour y remédier se multiplient, même si beaucoup reste encore à faire.

Source : France Nature Environnement “Du gaspillage alimentaire à tous les étages”, mai 2016.

Pour passer à l’action…

Dessin humoristique montrant un homme devant une poubelle pleine de nourriture disant "Toute cette bouffe jetée alors que des mannequins anorexiques crèvent de faim!..."

Lutte contre le gaspillage alimentaire

2 commentaires Ajoutez le votre

  1. Patricia dit :

    Bonjour,
    J’aime beaucoup cet article et je trouve que c’est très important d’en parler et réveiller les gens à ne plus gaspiller nos aliments.
    Bravo

  2. Thaveau dit :

    Bravo Article très intéressant, à partager sans modération 😉

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