De la chasse aux Pokémon à celle des livres, il n’y a qu’un pas

Un pas que Aveline Grégoire, directrice d’école à Farciennes -en Belgique- a franchi.

Au départ elle souhaitait simplement vider sa bibliothèque des livres dont elle ne voulait plus, avant la rentrée scolaire. Grâce à ses enfants, avec qui elle chassait les Pokémon Go, elle a eu l’idée de déposer ses livres dans des lieux où étaient signalés les fameux personnages. Comme ils disparaissant très vite, Aveline Grégoire a eu un autre idée : la création d’une page Facebook appelée Chasseurs de livres pour signaler le don des livres. Le succès a été fulgurant : créé le 12 août, le groupe a atteint les 50 000 membres en deux semaines pour séduire quasiment plus de 79 000 membres aujourd’hui. Le concept fait des émules en Grèce puis en France où un groupe est créé en Gironde fin août. Depuis, les dons de livres se sont multipliés dans plusieurs pays.

Comment ça marche ?

Le principe est simple : la personne qui donne son livre l’abandonne dans un lieu public, dans une pochette en plastique (qui le protègera entre autres de la pluie), avec un mot d’explication : « Je suis un livre aban-donné! Attrapez-moi, lisez-moi et puis relâchez-moi dans la nature! ». Elle prend ensuite une photo du livre posé dans la rue puis la partage sur le groupe Facebook en indiquant (avec plus ou moins de détails) où elle l’a laissé. Commence alors le jeu de pistes des Chasseurs de livres, qui tenteront d’être les premiers à trouver l’ouvrage aban-donné. La personne qui le trouve pourra à son tour le lire puis le relâcher dans la nature ou proposer d’autres livres aux « Chasseurs ».

Sur la Côte d’Azur un groupe « Chasseurs de livres PACA », initié par CéLine, a vu le jour fin août, avec des membres disséminés sur toute la région. A Menton, Cagnes-sur-Mer, Grasse, Le Luc ou Hyères ils se prennent au jeu et commencent à déposer des livres dans les lieux publics. lls surgissent dans la nature et trouvent preneur rapidement, de la gare de Nice au caddie de supermarché Leclerc de la Colle sur Loup, de l’abribus près de la plage à Fréjus à la Société Nautique de St Tropez.

Le groupe compte près de 700 membres qui ont déposé des livres aussi variés que le Prix Renaudot 2014 Charlotte, de David Foenkinos, On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson ou l’indémodable Etranger d’Albert Camus. Dans le groupe certains ont des suggestions pertinentes comme celle de donner son avis sur l’oeuvre lors de l’abandon ou celle, plus élaborée, de tracer le voyage des livres en plaçant les autocollants avec un numéro, un QR code¹ et un code barre que l’on utilise dans le Géocaching.

¹le QR code (QR est l’abréviation de Quick response) est un type de code-barres en deux dimensions constitué de modules noirs disposés dans un carré blanc.

Inciter à la lecture, par tous les moyens

Avant que la directrice d’école belge ne lance Chasseurs de livres d’autres groupes organisaient déjà leur abandon dans des lieux publics : l’un des plus connus est « BookCrossing », créé en 2001 par un informaticien américain et son épouse. Grâce à ce système près de 11 millions de livres deviennent des « livres voyageurs » en passant d’un propriétaire éphémère à un autre. Le concept plaît, à tel point qu’il se serait répandu dans 132 pays dans le monde. En France depuis 2005 ConsoGlobe souhaite à son tour favoriser la consommation collaborative et propose des trocs ou des dons (de livres, entre autres) sur son site.

Mais revenons à Chasseurs de livres : si cette initiative connaît un tel engouement c’est sûrement parce qu’il propose la géolocalisation du lieu (ou de la région) où a été déposé le livre, lui donnant un aspect ludique et permettant, comme dans le jeu de Pokémon Go de passer du virtuel au réel. En voyant une photo sur Facebook, il ne tient qu’à vous d’aller chercher le livre, s’il n’est pas trop loin de vous, pour l’avoir en main une heure après.

A l’heure où un nombre grandissant de lecteurs délaisse les bibliothèques, Chasseurs de livres propose de se réconcilier avec la lecture de manière ludique, de faire bénéficier d’autres personnes de vos coups de cœur littéraires ou d’inciter des jeunes à partir « à la chasse aux livres ». Alors n’hésitez pas, aban-donnez vos livres sur la Côte d’Azur ou dans l’arrière-pays !

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