Des colis livrés par drone dans le Var

Une première mondiale pour La Poste

Une fois par semaine un drone décolle désormais de Saint-Maximin-la Baume pour effectuer 15 km avec un paquet à son bord. Il atterrit à Pourrières – un lieu difficile d’accès en voiture – dans un panier logé dans une structure le protégeant pendant les phases d’atterrissage et de décollage. Un chariot automatisé achemine le colis tandis que l’électronique dédiée à sécuriser les manipulations complète le dispositif.

La mise en place d’une ligne commerciale régulière à titre expérimental dans les zones peu accessibles (pour le moment uniquement dans le Var, puis dans un deuxième temps dans les montagnes, les îles et les zones rurales) est l’aboutissement de deux ans de tests menés par GeoPost, la branche express internationale de La Poste, qui dessert plus de 230 pays.

En 2014, DDPgroup (filiale de GeoPost) a commencé ses tests sur le drone dans le Var. Pourquoi a-t-elle choisi ce département ? Tout simplement parce que le Centre d’études et d’essais pour modèles autonomes (CEEMA) est basé à Pourrières. Il appartient à la société Atechsys, un fabriquant varois de drones aériens, sous-marins et civils. autre bonne raison : la zone d’atterrissage se situe près d’une pépinière d’entreprises isolée, regroupant une douzaine de start-up.

En septembre 2015, après 600 heures de vol le drone a démontré son autonomie complète en transportant un colis de 1,5 kg sur une distance de 14 km. Il est désormais capable de porter une charge allant jusqu’a 3 kg, à une vitesse de croisière de 30 km/h avec une autonomie de 20 km. C’est un petit bijou technologique, grâce à son électronique embarquée de dernière génération, son GPS embarqué avec transmission de données et son système de navigation bénéficiant d’une portée de transmission pouvant aller jusqu’à 50 km. Avec ses 6 Rotors¹ électriques et son cadre en fibre de carbone, ce drone dispose d’un parachute autonome pour pouvoir, si nécessaire, se déclencher automatiquement en cas de chute si des anomalies sont détectées en cours de vol.

¹ moteurs

Après la réussite sur le terrain, il ne restait plus à La Poste qu’à demander à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) l’autorisation de livrer des colis par drone sur un couloir aérien de 15 km dans le Var. Un accord délivré récemment, ce a permis à La Poste de proposer désormais des livraisons hebdomadaires. Le drone devra impérativement être piloté par un opérateur agréé par la DGAC

¹ même si les paramètres de vol seront préenregistrés avant le vol.

Les entreprises déploient leur ingéniosité pour devenir les premières à livrer leurs clients par drone en un temps record. Google a testé son service de livraison à domicile à San Francisco, New York et Los Angeles et continue à mettre au point son service en Australie, tout en s’employant à faire changer la législation américaine. Face aux mêmes défis législatifs Amazon a choisi de faire ses essais au Royaume-Uni et en Inde plutôt qu’aux Etats-Unis.

D’autres entreprises américaines innovent, comme Domino’s Pizza, qui a livré avec succès sa première pizza en Nouvelle-Zélande, 7 Eleven qui a fourni de la nourriture à ses clients dans une zone isolée du Nevada, ou UPS qui a pu acheminer des médicaments au Rwanda et en Pologne. En Asie, le Chinois Alibaba défie Amazon en testant les livraisons de produits à Pekin, Shanghaï et Guanghzou, tandis que le Japon mène des tests avec des drones se déplaçant dans la ville de Chiba et sur même sur la baie de Tokyo.

La possibilité que les produits soient livrés aux consommateurs chez eux par drone dans les années qui viennent semble réelle, surtout dans les régions isolées où se pose le problème du « dernier kilomètre » à parcourir. La législation devra évoluer pour tenir compte du développement du marché de la livraison commerciale par drone.

¹ DGAC : Direction Générale de l’Aviation Civile

Cet article n’est pas sponsorisé : je me suis intéressée au nouveau service proposé par La Poste car je le trouve innovant et sûrement précurseur d’une tendance qui se généralisera probablement dans un futur proche.

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Le drone: utilisations et réglementation

L’utilisation des drones se multiplie dans notre société. Ils sont utilisés de différentes manières:

  • la plus connue est l’utilisation militaire: ils servent dans la guerre contemporaine, et permettent d’éviter de mettre en danger le pilote. Ils sont également employés dans la surveillance ou la reconnaissance du terrain pour les troupes terrestres;
  • les drones de loisirs: ce sont les plus connus, ceux que vous pouvez acheter dans le commerce. Ils sont prisés par les personnes qui aiment les gadgets, les amateurs de courses de drones et les aéromodélismes;
  • les drones civils professionnels: ils servent à effectuer des relevés aériens (pollution, surveillance des champs), en architecture, en imagerie technique, dans le domaine artistique (cinéma, photographie), en journalisme (permet d’atteindre des zones de conflit sans mettre les reporters en danger) ou dans le largage (désinsectisation, déroulement de câbles)…

Attention: lorsque vous achetez un drone avec une caméra (ou appareil photo), celui-ci n’appartient plus à la catégorie des jouets ni de l’aéromodélisme. Il entre dans la catégorie des « activités particulières« , régie par le cadre de la loi. Il est alors impératif d’être déclaré à la préfecture, d’être titulaire d’un diplôme d’aéronautique et d’une attestation de formation de pilote de drone civil, sans compter que l’appareil doit être homologué par la DGAC. A tout ceci s’ajoutent une assurance responsabilité civile et la possession d’un carnet d’ entretien tenu à jour.

 

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