Des animaux sauvages en liberté dans l’arrière-pays de Grasse

Du Mercantour aux Gorges du Verdon, la Réserve des Monts d’Azur accueille des animaux sauvages en liberté sur 700 hectares, dans le domaine du Haut-Thorenc. Sur différents types d’habitat allant de 1 200 à 1 700 mètres, des espèces ancestrales qui ne semblent pas faites pour vivre ensemble se côtoient sans problème dans des plaines, des montagnes, des zones sèches et d’autres plus humides.

En Europe, une espèce de mammifère sur six est menacée

Contrairement à ce que certains auraient pu penser, le bison cohabite bien avec les autres animaux de la réserve de Thorenc. Et ils sont nombreux: le cheval de Przewalski, les chevreuils, les cerfs, les sangliers, les chamois, les loups, les lynx, les renards, et de nombreux oiseaux comme les aigles ou les vautours.

L’animal phare de la réserve est le bison. Douze siècles après sa disparition des forêts méditerranéennes, le plus grand mammifère d’Europe a été ramené en 2005 de la forêt de Bialowieza en Pologne* à Thorenc, par le vétérinaire et créateur de la réserve, Patrice Longour. Il faut dire que celui-ci n’en était pas à son coup d’essai: il avait déjà participé à la création de plus grande réserve du monde au Botswana où 200 000 personnes vivent aujourd’hui économiquement de la présence de la faune.

*  ultime refuge européen des grands herbivores comme l’élan, le tarpan (ancêtre du cheval) ou l’aurochs (espèce disparue de bovins).

Toutes les espèces cohabitent sans problème
Toutes les espèces cohabitent sans problème

En amenant ces bisons dans la réserve française, il souhaitait créer une population différente de celle existant en Pologne et en Biélorussie pour augmenter la variabilité génétique de l’espèce – et indirectement assurer sa survie. Les deux premières années les bisons se sont acclimatés à leur nouvel habitat et ont profondément transformé la zone forestière. A tel point que dans certaines zones de la réserve où l’on ne trouvait que 10 espèces végétales on en trouve aujourd’hui plus de 30. Pourquoi? Parce que les bisons favorisent la dissémination des graines en les transportant sur leur pelage et dans leurs bouses. Ils brisent aussi les branches basses et les arbustes et arrachent l’écorce des arbres. Ils créent des trouées (appréciées des cerfs élaphes et des chevreuils) et des clairières dans la forêt, ce qui favorise la biodiversité. En réalité ils l’enrichissent parce qu’ils utilisent la totalité des plantes disponibles, contrairement aux ongulés domestiques. Les végétaux changent aussi de comportement: le pin sylvestre semble aussi connaître un regain de vigueur, tandis que le taux de mortalité des  arbres  est en nette baisse.

Grâce à l’initiative de Thorenc, pour la première fois en Europe, des animaux de la grande faune vivent à nouveau ensemble dans un même lieu, de manière pacifiée et au contact de l’homme.

Le cheval de Przewalski
Le cheval de Przewalski

Patrice Longour et son équipe ont continué dans leur élan en allant dans différents zoos européens chercher des chevaux de Przewalski, ces animaux représentés par les hommes préhistoriques dans les grottes peintes en Europe il y a 30 000 ans (pour les plus anciennes). Ce petit cheval est d’ailleurs le seul que l’homme ne soit jamais parvenu à dompter.

Au quotidien l’équipe scientifique de la réserve s’efforce de lutter contre la disparition des espèces qu’elle protège. Elle a à l’esprit que l’Europe a déjà perdu trois de ses cinq grandes espèces d’ongulés : l’aurochs, le tarpan et l’âne sauvage; le bison ne vit plus qu’en Pologne, en Biélorussie et peut être dans le Caucase. De leur côté les espèces plus petites comme le cerfs, le chamois, le chevreuil, le bouquetin ou le sanglier reviennent dans les forêts, notamment dans les massifs montagneux, après avoir été menacés d’extinction dans les années 1950.

Leurs efforts portent donc sur la nécessité de la présence des grands herbivores dans les écosystèmes français et européens. Leur projet est la preuve vivante que les grands herbivores sont capables d’améliorer de manière spectaculaire leur milieu naturel, en s’adaptant à leur environnement.

Une réserve, pas un zoo

Lors des visites, les calèches passent près des animaux
Lors des visites, les calèches passent près des animaux

La réserve animalière n’est pas un zoo: les animaux sont en liberté et l’homme n’y est qu’un invité.  A pied ou en calèche, le visiteur est toujours accompagné d’un guide qui lui explique le sens du projet et le mode de vie des différentes espèces de la réserve. En faisant comprendre à chaque visiteur la dynamique des écosystèmes et l’équilibre naturel trouvé par les composants de la flore et de la faune, le projet incite l’Homme à mieux respecter la nature.

Les responsables de la réserve étudient l’impact de la vie commune de tous ces animaux, et les laissent faire à 90%, pour n’intervenir que lorsque c’est indispensable. Notamment en cas de mauvais temps: en cas d’enneigement ils font descendre les animaux en plaçant des “gourmandises” dans des lieux moins enneigés, ce qui les fait descendre et leur permettre de mieux se protéger du froid. En 2009, Patrice Longour avait dû faire héliporter de la nourriture et aménager des zones pour accueillir 2,5 tonnes de fourrage.

Les visiteurs peuvent dormir sur place, dans des écolodges ou dans la villa bioclimatique au contact des animaux, puisqu’ils passent pratiquement sous les fenêtres. Le tourisme éco-responsable de la réserve propose un tourisme intégré das son environnement: son empreinte est limitée grâce aux diverses initiatives qui ont volontairement été développées:

  • la réhabilitation de bâtiments existants pour les moderniser et les réutiliser, en exploitant l’énergie solaire, le recyclage des eaux…
  • la gestion des ressources naturelles (faune, flore, eau): économie de l’eau et gestion des déchets, organisation de la fréquentation du site
  • les modes alternatifs de déplacement: l’attelage et les voitures hippomobiles légères.

La réserve propose un moment dépaysant, d’osmose entre la nature et l’homme. A pied, en calèche ou en raquettes, un vrai bol d’air pur.

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Informations

La Réserve des Monts d’Azur est ouverte tous les jours de 9h30 à 12h et de 13h à 17h30, sur réservation. Téléphone: 0493600078

Les visites sont guidées, ce qui vous permet de découvrir les habitudes des animaux et de comprendre leur mode de vie sans les déranger. Vous ne serez qu’à quelques mètres d’eux.

Départs des visites guidées du vendredi au dimanche de 10h à 16h30 (appeler pour obtenir les horaires)

Des tours guidés sont organisés plusieurs fois par jour
Des tours guidés sont organisés plusieurs fois par jour

A pied et en calèche

Tarifs à pied: enfant: 10 €, adolescent: 16 €, adulte: 18 €.

Tarifs en calèche: 12 €, adolescent: 20 €, adulte: 23 €.

Safaris traineaux et en raquettes

Horaires de départ des Safaris Traineaux: 10h30 – 11h15 – 12h – 13h30 – 14h15 – 15h Tarif: enfant 12 €, adolescent 20 €, adulte 23 €.

Horaires de départ des Safaris guidés en Raquettes: 10h – 11h30 – 13h30 – 15h Tarif: enfant:18 €, adolescent: 23 €, adulte: 26 €.

Précisions

■ Les picnics et les animaux domestiques ne sont pas autorisés sur le site.

■ Un restaurant est accessible sur place (réservation conseillée).

■ Coordonnées GPS: 43°48’20’’ N – 6°50’43’’ E

■ L’itinéraire par les Gorges du Loup est toujours dégagé, même par temps hivernal.

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